En été, ne renoncez pas au rouge

Lorsque les températures grimpent dangereusement, notre corps fonctionne au ralenti, le cerveau prend des congés anticipés et la vision se rétrécit au point de ne plus voir le vin qu’en deux couleurs : blanc ou rose. Pourtant, à condition de choisir les bons profils et de ne pas les servir glacés, certains vins rouges ont toute leur place à table, l’été, à l’ombre des grands arbres (ou devant le ventilateur).

Tous les rouges, pour autant, ne gagnent pas à être servis frais. Les vins très tanniques, puissants ou fortement boisés peuvent se durcir et paraître plus austères. À l’inverse, les rouges peu extraits, dotés d’une bonne acidité et de tanins fins, gardent leur équilibre lorsqu’ils sont servis autour de 12-14 °C.

En été, les servir légèrement frais relève surtout du bon sens. Lorsqu’un vin est trop chaud, il peut rapidement sembler lourd et alcooleux. Trente à quarante minutes au réfrigérateur suffisent généralement à le ramener à une température adaptée, sans aller jusqu'à le rendre atone. « Et si je n’ai pas de thermomètre, comment être sûr ? » me direz-vous, non sans un brin d’agacement. Voici donc, pour vous, une méthode rapide et infaillible : de l’eau (froide) avec des glaçons. La règle est simple : beaucoup de glaçons pour les vins blancs, quatre ou cinq pour les vins rouges (méthode brevetée par La Cave de Villiers®). Faites tremper vos bouteilles le temps d’une partie de rami. Lorsque vous n’aurez plus de carte en main, vous aurez non seulement gagné la partie, mais aussi le droit de vous servir un verre.

Le Pinot Noir "Coteaux Calcaires" de Barmès-Buecher est un bon exemple de candidat au refroidissement. Fin et délicat, il conserve tout son relief servi frais.

Même logique avec la cuvée "Grand Père" du Domaine Nico, issue de pinot noir cultivé en altitude en Argentine. Son acidité et la finesse de ses tanins lui permettent d’être servie fraîche sans perdre sa profondeur.

Le rosé, au-delà de l’apéritif

Tous les rosés ne se limitent pas au rôle de vin d’apéritif. Certains possèdent suffisamment de matière, d’acidité et de longueur pour accompagner un repas, plutôt que d'être injustement relégués au simple « sirotage » avec glaçon...

Ainsi, le Côtes-de-Provence rosé de Château Grand Boise : sa fraîcheur, sa salinité et sa structure lui permettent d’accompagner des légumes grillés, des poissons, une volaille froide ou une salade composée.

Là encore, mieux vaut éviter un service trop froid. Quelques degrés supplémentaires suffisent à lui rendre davantage de relief et de longueur.

Les blancs : frais, mais pas glacés

Les blancs sont naturellement associés à l’été, mais leur température de service mérite autant d’attention que celle des rouges. Les vins les plus vifs peuvent être servis assez frais ; les blancs plus amples demandent quelques degrés supplémentaires pour ne pas perdre leur matière et leurs nuances aromatiques.

Un Sancerre blanc de Daniel Crochet peut ainsi être servi autour de 9 à 10 °C : suffisamment frais pour conserver sa tension, sans neutraliser ses arômes.

Un vin plus ample, comme le Rully 1er Cru “Clos Saint-Jacques” du Domaine de la Folie, gagnera à être servi autour de 11 à 12 °C. Plus froid, il perdrait une partie de son expression.

En été, quelques degrés de moins suffisent souvent à redonner au vin... toutes ses couleurs.

Julien

Pinot Noir « Coteaux Calcaires » 2024, Barmès-Buecher : 23,95 €

Cuvée « Grand Père » 2024, Domaine Nico : 33,95 €

Rosé Côtes-de-Provence 2025, Château Grand Boise : 15,95 €

Sancerre « Cuvée Prestige » 2024, Daniel Crochet : 26,95 €

Rully 1er Cru « Clos Saint-Jacques », Domaine de la Folie : 35,95 €